LA LIGAMENTOPLASTIE DE GENOU

 

Après une entorse grave du genou, le plus souvent lors d’un accident sportif (ski, football, rugby, handball…), le ligament croisé antérieur peut être rompu. Contrairement au ligament collatéral médial (également appelé ligament latéral interne ou LLI), celui-ci ne se cicatrise pas et le genou conserve une instabilité (vous avez la sensation que le genou se dérobe). Cette sensation peut ne pas être ressentie initialement si la rééducation initiale a été optimale (les muscles compensent alors partiellement le déficit).

Deux solutions s’offrent alors à vous :

-       Soit la situation est tolérable (pas d’instabilité dans la vie quotidienne), et la demande sportive est modérée (vélo, natation, footing), alors on peut s’autoriser à laisser le genou en l’état (après rééducation pour renforcer les muscles ischio-jambiers). Ceci est souvent proposé quand l’accident survient après l’âge de 40 ans, chez un patient ne souhaitant pas arrêter son activité professionnelle le temps d’une intervention et de la rééducation. Le genou évoluera progressivement vers une arthrose (usure), qui nécessitera, le plus souvent après au moins 20 ans, la mise en place d’une prothèse totale de genou.

-       Soit l’accident survient chez une personne plus jeune, avec une demande sportive plus élevée. Dans ce cas, le chirurgien proposera d’emblée la réalisation d’une ligamentoplastie (appelée également greffe du ligament croisé antérieur). L’intervention n’est pas une urgence (il est même indiqué d’attendre au moins 6 semaines après l’accident), mais on conseille sa réalisation dans l’année qui suit pour une raison simple : lors d’un épisode de dérobement, le ménisque (souvent le ménisque interne) peut être touché (déchirure méniscale ou « anse de seau »), entrainant un blocage du genou. On est dans ce cas obligé d’intervenir rapidement pour réparer le ménisque et le LCA (dans le meilleur des cas, ce qui est rare), ou de retirer le ménisque abimé, ce qui accélère l’évolution vers l’arthrose.

 

Comment se déroule une intervention ?

1/ choix de la greffe :

On oppose classiquement deux techniques, l’une utilisant un ou deux tendons dits « ischio-jambiers » (muscles semi-tendineux +/-gracilis), l’autre utilisant une partie du tendon rotulien. Le choix entre ces deux techniques est souvent faite par le chirurgien selon son expérience. Avec les améliorations techniques actuelles, les résultats sont maintenant très proches, mais la rééducation après la prise du tendon rotulien est nettement plus difficile dans les suites. On perd également la sensation de la face antéro-externe du genou. Cela a été longtemps la technique de référence concernant la stabilité du genou. A l’opposé, après les plasties aux ischio-jambiers, la rééducation est nettement plus aisée. On propose donc cette technique aux personnes un peu plus âgées, qui ne sont plus autant investies dans les sports à pivot (football, rugby, handball…). Les études réalisées montrent que toutes les techniques sont comparables sur le plan des résultats subjectifs, à deux ans de l’intervention.

Il est cependant important de noter que quelque soit la technique utilisée,  la chirurgie ne rend pas un genou optimal, et vous n’aurez plus jamais le même genou qu’avant l’accident. Il sera stable, peu douloureux, mais ce ne sera plus le même (parfois un peu moins de mobilité).

 

2/ Lors de l’intervention, le chirurgien pourra parfois réaliser un geste sur un ménisque si celui ci est également atteint (suture ou méniscectomie).

Si le genou était particulièrement instable, le chirurgien peut parfois ajouter une étape chirurgicale visant à encore améliorer la stabilité (pour refaire le ligament antéro-latéral décrit sur ce site). Ceci nécessite une autre incision (sur la face externe du genou). Les résultats sont bons, mais les suites opératoires sont plus longues (avec un gonflement du genou plus important en volume et en durée).

 

3/ Après l’intervention, l’hospitalisation est maintenant courte, fonction de la douleur post-opératoire. Environ la moitié des patients peuvent retourner chez eux le soir de l’intervention (chirurgie ambulatoire).  L’appui est autorisé sous couvert d’une attelle tant que les muscles sont un peu « endormis » par l’intervention et les produits anesthésiques. La rééducation est débutée rapidement. Elle sera poursuivie en centre, ou le plus souvent à domicile puis au cabinet du kinésithérapeute. Etant donné les durées de séjour très courtes, il est nécessaire d’anticiper le retour au domicile (fixer des rendez-vous chez le kinésithérapeute et passage d’un infirmier dès le lendemain).

 

4/ Les sports autorisés après l’intervention :

-       vélo : 6 à 8 semaines (dès que la flexion du genou le permet)

-       footing sur terrain plat : 3 mois

-       footing sur terrain accidenté : 4 à 5 mois.

-       sports à pivot (dont le tennis) : après 6 mois (dépend surtout de la récupération musculaire)

 

Les risques de la chirurgie sont rares (<5%) mais graves, algodystrophie, infection, thrombose et hématome. A distance, il peut subsister une diminution de la mobilité, et quelques douleurs. Il existe également un risque de rupture itérative du ligament, et des risques de déchirure méniscale.

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