PROTHESE TOTALE DE HANCHE

 

 

Si votre douleur de hanche est liée à une usure de la hanche (coxarthrose), et que cette douleur a un impact fort sur votre qualité de vie, votre chirurgien peut être amené à vous proposer la pose d’une prothèse totale de hanche.

Le but ici n’est pas de discuter des différentes façons de réaliser cette chirurgie (voie d’abord de la hanche, type de matériel utilisé…), car il s’agit souvent de choix liés au lieu de formation du chirurgien ou à son expérience (heureuse ou non) avec certains types d’implants. Les techniques actuelles sont généralement fiables et obtiennent de très bons résultats.

 

Dans les quelques jours qui suivent la chirurgie, le lever est possible (initialement aidé par le personnel), et la marche est débutée, avec un appui complet, initialement aidée par deux cannes anglaises pour gagner en sécurité. Les kinésithérapeutes du service passeront tous les jours pour vous faire progresser rapidement. La sortie est généralement autorisée au bout de 6 à 10 jours. Un séjour en centre de rééducation est parfois proposé pour les personnes seules et/ou dont l’état général est fragile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         Cotyle prothétique : c'est à l'intérieur

      de cette cavité, impactée dans le bassin,

que vient de loger la tête fémorale prothétique

 

 

La chirurgie d’une prothèse totale est le plus souvent ressentie comme assez simple dans ses suites par le patient, mais une complication survient parfois. Celle-ci est parfois grave.

 

L’une des complications des prothèses totales de hanche est l’obtention d’une différence de longueur entre les deux jambes. Celle-ci peut être inévitable si l’anatomie de votre hanche est particulière ou si la prothèse est instable (c’est à dire qu’elle risque de se luxer lors de mouvements de faible amplitude). Cependant, celle-ci peut également être due à une erreur technique pendant l’opération. Il n’existe en effet pas de repère fiable pendant l’opération pour vérifier l’allongement ou le raccourcissement. Afin de diminuer le risque d’erreur, certains chirurgiens utilisent un système de capteurs qui sont reliés à un ordinateur. Ce système indique avec précision la position de la hanche par rapport à l’état mesuré avant la chirurgie. Ce système n’est bien évidemment pas parfait, mais j’estime qu’il permet de limiter le risque d’erreur. Il demande un peu plus de temps opératoire (et quelques petites incisions supplémentaires pour placer les capteurs), mais il me paraît important d’accorder quelques minutes supplémentaires à la sécurisation de ce paramètre, pour éviter au patient de boiter ou de porter en permanence une talonnette de compensation.

D’autres complications peuvent survenir, les plus graves étant l’infection du site opératoire, la paralysie du nerf sciatique, la fracture du fémur et la survenue d’une thrombose veineuse profonde (ou phlébite) qui peut évoluer vers une embolie pulmonaire parfois mortelle.

 

La durée de vie des prothèses est bonne. Si l’on exclue les quelques cas de reprise précoce dus à une complication (1 à 5%), on peut estimer la durée de vie à plus d’une vingtaine d’année (les études récentes estiment que l’on obtient entre 85 à 95% de réussite à 20 ans).

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