LE RISQUE D'INFECTION

 

Le taux d’infection sur prothèse est, dans la littérature, actuellement autour de 1%.

 

On sépare les infections en trois types, suivant qu’elles soient survenues avant, pendant, ou après l’intervention.

 

1/ Infection survenue avant l’intervention

 

Il s’agit de patients ayant un antécédent d’infection au niveau du site opératoire (ostéo-arthrite). La mise en place d’une prothèse peut « réveiller » une infection évoluant toujours à bas bruit.

 

2/ Infection survenue pendant l’hospitalisation ou dans les premiers mois après la pose.

 

Ce sont celles-ci que l’on appelle les infections nosocomiales.

La peau est recouverte d’environ 1000 milliards de bactéries, et tous les efforts péri-opératoires de préparation du site opératoire ne font que diminuer cette présence microbienne sans la supprimer. Quand on ouvre la peau, certains de ces germes rentrent et si les lavages et les antibiotiques donnés lors de l’intervention n’arrivent pas à les supprimer, ceux-ci peuvent être la source d’une infection.

 

Tout doit être fait pour limiter ce risque. Malheureusement cela n’est pas suffisant, ce qui explique ce taux de 1% d’infections difficilement compressible.

 

Les infections nosocomiales sont multi factorielles, dépendant de l’environnement de l’hospitalisation, mais aussi de nombreux facteurs individuels, propres à chaque personne. Par exemple, le diabète, le surpoids, le tabagisme, l’incontinence urinaire ou fécale qui souille les pansements, le mauvais état veineux ou artériel, un mauvais état cutané (dont les plaies sur la jambe à opérer), le portage chronique de germes comme les staphylococcus aureus sont des facteurs augmentant le risque d’infection nosocomiale.

 

 

3/ Infection survenue après l’intervention.

 

Cette infection peut aussi survenir des années après l’intervention en cas d’infection à distance de la prothèse (urinaire, pulmonaire, petite plaie « négligée « , etc…) ou même après des soins dentaires effectués sans antibiotique (pensez à en avertir votre dentiste).

 

Il vous revient d’être extrêmement vigilant et de ne plus prendre à la légère les petits problèmes infectieux de la vie courante. Consultez plus rapidement votre médecin traitant dès les premiers signes, surtout s’il y a de la fièvre.

 

La prise en charge de l’infection est souvent du ressort des équipes spécialisées, chirurgicales et infectiologiques. Votre chirurgien peut être amené à vous transférer vers une structure spécialisée dans l’infection ostéo-articulaire complexe, le plus souvent dans un centre hospitalier universitaire.

 

Le traitement d’une prothèse infectée est complexe.

Le traitement antibiotique isolé n’a jamais guéri une infection de prothèse.

Au plus simple on peut proposer une reprise chirurgicale pour lavage et prélèvements, puis antibiothérapie au long cours (6mois).

Mais le plus souvent on est obligé de retirer la prothèse, de mettre en place un fantôme de prothèse dans lequel est inclus un antibiotique, de mettre en place une antibiothérapie d’au moins 3 mois avant de proposer une repose de la prothèse.

Pendant toute la durée de l’infection, il est probable que la marche ne soit pas possible (environ 4 mois).

 

Cette crainte de l’infection est l’une des raisons pour laquelle la réalisation d’une chirurgie prothétique doit être mûrement réfléchie avant d’être acceptée.