Déchirure méniscale

Enlever ? Suturer ? Remplacer ?

 

 

Une des causes de douleur ou de blocage du genou est la lésion d’un ménisque, interne ou externe (plus rare mais plus handicapante).

Celle-ci survient à tout âge, sur différents traumatismes (sport, position agenouillée répétée…). Elle est suspectée à l’examen clinique, et le plus souvent confirmée par la réalisation d’une IRM.

 

Historiquement, le ménisque était considéré comme un reliquat embryonnaire inutile. La moindre lésion méniscale entrainait la réalisation d’une méniscectomie subtotale (c’est à dire que l’on retirait la quasi-totalité du ménisque atteint). Les résultats à long terme (20 ans) ont été assez mauvais, avec une évolution vers l’usure (arthrose) prématurée.

L’évolution de cette technique a été la réalisation de méniscectomies réduites à la zone malade (on parle de méniscectomie partielle). L’évolution vers l’arthrose a été ralentie, mais certains patients ont développé une dégradation nécessitant la pose d’une prothèse de genou. Il s’agit d’une intervention proposée de manière assez fréquente (environ 130000/an en France), car c’est la seule que l’on peut proposer quand la lésion méniscale survient dans le cadre d’une pathologie dégénérative du genou (on parle de stade de « pré-arthrose »).

L’attitude actuelle est de proposer, quand cela est possible, la réalisation d’une suture de la lésion méniscale. Cette suture est indiquée en cas de lésion traumatique, située en zone vascularisée, chez un patient assez jeune. Il s’agit d’une intervention plus délicate, et dont les résultats sont bons à moyen et long terme. Il y a cependant environ 15 à 20% d’échec de la suture (le ménisque ne s’est pas réparé en 6 mois, avec poursuite des douleurs), avec nécessité d’une méniscectomie dans un second temps. On espère que la conservation de l’intégralité du ménisque permettra l’amélioration de la fonction (sport, douleurs) et limitera l’évolution vers l’arthrose. Le nombre de patient bénéficiant de cette technique est d’environ 3000 par an en France.

Lorsque le ménisque n’est pas réparable et que le patient est très gêné, on peut parfois proposer une greffe de ménisque. Celle-ci peut être réalisé à base de tissu humain ou de matière synthétique dégradable. Le choix est réalisé en fonction du type de lésion. Leur réalisation est rarement indiquée : entre 30 et 50 fois par an en France !

 

La réalisation d’une méniscectomie est souvent proposée en ambulatoire (le patient sort le soir même de son intervention). La marche est autorisée d’emblée, parfois aidée par deux cannes pendant quelques jours. On ne réalise pas de rééducation d’emblée.

 

Les risques sont rares (<5%) mais graves (algodystrophie, infection, phlébite). A long terme, il peut toujours se développer une nouvelle lésion méniscale sur la portion méniscale laissée en place (rare). Les risques d’arthrose sont par contre notables.

 

Il est important de bien comprendre que 3 situations se présentent : soit la lésion méniscale survient sur un genou sain, soit le genou présente une instabilité liée à une rupture du ligament croisé antérieur (qu’il faudra traiter en même temps que la suture méniscale si elle est indiquée), soit le genou douloureux montre déjà des signes de pré-arthrose. Dans ce dernier cas, la méniscectomie traitera la douleur liée à la lésion méniscale, mais pas celle liée à l’usure du genou. Seul l’examen clinique (et non l’IRM) permettra de déterminer si l’intervention est indiquée ou non.

 

Coupe d’un ménisque

 

Schématisation d’une reconstruction (ou greffe) méniscale

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